Les jeux sont faits et rien ne va plus. Marrakech accueillera inexorablement son Grand Prix automobile, « Race of Morocco » dans la catégorie WTCC, signant là une première sur le continent noir et le monde arabe.
L'annonce en a été faite mercredi, dans la Cité ocre, lors d'un point de presse au cours duquel le tracé du circuit a été révélé en avant-première. Une rencontre lors de laquelle l'assistance en a pris plein les mirettes, d'abord à travers le poids des chiffres, ensuite par la découverte d'un circuit à la beauté époustouflante et aux contours vertigineux. A cet effet, «Race of Morocco» figure d'ores et déjà sur le calendrier des Championnats du monde de la Fédération internationale de l'Automobile, suite à l'homologation du circuit de la ville de Marrakech. Les pistons des bolides en lice pour le championnat du monde interpréteront leur mélodie embrasée dans les artères de la ville le 3 mai prochain. Comme il est de coutume en sport automobile, la veille de la course, les divers prétendants croiseront le fer lors des essais officiels. Il sera question de se livrer une bataille sans merci dans l'optique d'hériter de la pole position et ses privilèges. Quant aux premiers tours de piste, ceux-ci auront lieu vendredi 1er mai lors de la séance des essais libres. Exercice au cours duquel les pilotes fouleront, pour la première fois, la piste avec leurs pneumatiques, en quête de toutes ses subtilités pour une adaptation finale du véhicule (freinage, suspensions, etc.).Mais pour en arriver là, il aura fallu bien du temps. Pour cette poignée de jeunes Marrakechis géniteurs de l'événement, il a d'abord fallu en rêver, puis y croire, avoir beaucoup de volonté et, surtout, beaucoup de souffle. En effet, « Race of Morocco » qui se profile à l'horizon n'est pas né de la dernière pluie, mais c'est plutôt la résultante de trois années de travail de longue haleine, de concertation et de labeur à ne pas en finir entre « Marrakech Grand Prix », promoteur de l'événement, et les instances étatiques concernées. Le rêve est devenu aujourd'hui réalité, transformant, par là-même, la ville rouge en un immense chantier. Pour être au rendez-vous du 3 mai, ce sont d'abord 250 millions de DH mobilisés en termes d'investissement, à travers un programme établi avec l'Etat marocain. A lui seul, le paddock en cours d'aménagement donne une idée sur l'ampleur des travaux. S'étalant sur une dizaine d'hectares, juste au niveau de la terminaison des remparts sur la route d'Ourika, cet espace sera dédié aux différentes écuries et leurs semi-remorques au caractère assez particulier. En effet, ces engins peuvent coûter la bagatelle de 4 millions d'euros et permettent de monter une voiture de bout en bout en moins de 24h. Le paddock abritera bien évidemment les stands, ainsi qu'une grosse structure métallique de quelque 200 mètres de long qui, à son tour, abritera, entre autres, l'unité médicale d'urgence, la direction de la course, le centre de presse ou encore la tour de contrôle de la course.C'est à ce niveau du circuit, tournant le dos aux cimes enneigées de l'Atlas et ayant la Koutoubia en ligne de mire, que les pilotes prendront le départ de la course. Le tracé élaboré par le groupe australien « D3 Motors Development », d'une longueur de 4.540 mètres, est qualifié de rapide. A travers ses grandes lignes droites, ponctuées de chicanes bien entendu, c'est un circuit où l'aspiration sera à l'honneur, favorisant des pointes de vitesse hallucinantes et garantissant du spectacle de bonne facture. Le long du circuit, des tribunes et des passerelles éliront domiciles à divers endroits. De même, des barrières de sécurité seront installées le long du circuit, tout comme du grillage anti-débris ou encore quelque 2500 blocks d'impact d'un poids de 4 tonnes l'unité, le tout répondant aux normes de la FIA. La piste, quant à elle, sera recouverte d'un revêtement spécial et tracée à la peinture antidérapante, avec déplacement de tous les égouts qui se trouvent sur le parcours. A souligner que « Race of Morocco » équivaut également à la création de plusieurs milliers d'emplois, directs ou indirects soient-ils. Voilà, en gros, de quoi il s'agit. Cela fait du travail, beaucoup de travail même, des chantiers tournant en 24h, des organisateurs sur le pied de guerre, mais cela fait, surtout, un Grand Prix automobile qui sillonnera les ruelles de la plus grande et la plus belle des oasis du Royaume.